Particularités du sport cycliste
L'appareil locomoteur :
La première particularité du cyclisme est d'être un sport porté. La majeure partie du poids du corps repose sur la selle et les  membres inférieurs travaillent en décharge relative. Les  grosses articulations des membres inférieurs (hanche, genou,  cheville) ne sont jamais en charge maximale, elles travaillent  dans des amplitudes moyennes et ne sont sollicitées que dans  leur axe physiologique de flexion - extension. Contrairement  à la majorité des sports pratiqués debout (course à pied par  exemple), la pratique de ce sport n'entraîne pas de contact  avec le sol et il n'y a donc pas de micro-traumatisme répété  au niveau des membres inférieurs et du rachis. Sur un vélo,  le rachis est en anté-flexion mais celle-ci est relative. En effet, c'est le bassin qui est basculé en avant sur la selle. Le rachis
lombaire est redressé mais la lordose ne disparaît pas  totalement. Le rachis dorsal voit sa cyphose légèrement
accentuée (mais le cyclisme n'est jamais à l'origine à lui tout  seul d'une hyper-cyphose). Seul le rachis cervical est en hyperlordose prolongée et cette position est parfois à  l'origine de douleurs musculaires de positionnement chez les  sujets non entraînés ou chez ceux souffrant initialement de cervicalgies.
L'appareil cardio-vasculaire :
II faut se souvenir que le  cyclisme est un sport qui se pratique généralement sur des  durées très prolongées. La sollicitation cardio-vasculaire est donc importante. De plus il faut savoir que pour les passionnés qui font des sorties en groupe, il n'est pas de randonnées qui ne se transforment en véritable compétition. Certains cyclistes peuvent alors être en "surrégime" et courir d'éventuels risques cardio-vasculaires.

Sport pour tous :
Sachant qu' en cyclisme, chacun peut régler son allure, choisir son parcours, ses braquets, la durée de sa sortie et mettre pied à terre quand il le souhaite, on peut considérer que cette discipline s'adresse à tous les sujets pratiquement sans exception. Ainsi :
- dès la plus tendre enfance, les jeunes apprennent à faire de la bicyclette (sur un tricycle ou avec roues
  stabilisatrices) et  à l'opposé des sujets de 70 ou 80 ans, voire plus, pratiquent   encore régulièrement.
- les cardiologues réadaptent leur patient victime d'infarctus, ponté ou greffé par la pratique contrôlée de la
  bicyclette.
- les orthopédistes rééduquent les genoux et les hanches sur  le vélo.
- les  diabétologues  conseillent  les  sorties  prolongées  à bicyclette, sur un rythme moyen.
- les handicapés physiques utilisent des vélos adaptés.
- Enfin les non-voyants pratiquent en tandem.

La visite médicale d'aptitude
II  n'existe pas de contre-indication  spécifique au  cyclisme de loisir  et  la  visite  médicale  de  non  contre-indication  à  la pratique du sport cycliste ne présente pas de particularité. Mais en compétition, que celle-ci soit déclarée ou cachée (sortie du dimanche entre amis), le cyclisme peut conduire à formuler des contre-indications en raison des exigences cardio-vasculaires de ce sport. Les contre-indications classiques au sport se retrouvent ici mais les sujets qui en sont porteurs ne sont généralement pas demandeurs (graves problèmes cardiaques ou pulmonaires, cancers avancés, maladies entraînant un affaiblissement général de l'organisme...). Les seules contre-indications logiques concernent les pertes de connaissance et  les troubles graves de l'équilibre en raison du risque de chute.
La grossesse est une contre-indication relative qui est bien sûr  fonction de l'intensité de la pratique et du risque de chute. La visite médicale d'aptitude ne nécessite pas d'examen complémentaire préalable, mais devant les contraintes cardio-vasculaires il ne faut pas hésiter à demander par exemple une épreuve d'effort chez un sujet présentant un ou plusieurs facteurs de risque coronarien.
Les pathologies
Pathologie de l'appareil locomoteur : Le risque principal du sport cycliste est la chute. Toutes les pathologies peuvent se rencontrer, mais dans la plupart des cas le cycliste glisse sur la chaussée et ne présente que des excoriations cutanées ou des plaies superficielles, plus ou moins étendues en fonction de la vitesse, mais qui, généralement, cicatrisent bien. Les entorses, luxations, contusions musculaires ou articulaires sont relativement
rares car le cycliste tombe avec sa bicyclette, souvent les pieds encore fixés sur les pédales, il glisse avec sa machine et si aucun obstacle ne l'arrête, il ne présente pas de traumatisme majeur. Les fractures ont par contre une relative fréquence. Elles sont dues à la violence du choc lors de la chute ou au contact avec un
obstacle. La fracture la plus fréquente est celle de la clavicule. Se rencontrent également des fractures du scaphoïde, des métacarpiens, des phalanges, des côtes. Moins fréquentes sont les fractures de la rotule, du bassin, du rachis. Les traumatismes crâniens, les fractures du crâne et les polytraumatismes graves
sont à considérer comme des accidents de la voie publique et non plus dus à la simple pratique de ce sport. Les cyclistes n'ont aucune protection spécifique et sont exposés la plupart du temps aux risques de la circulation générale. Les casques actuels sont  très protecteurs. Ils sont obligatoires dans toutes les courses (sauf chez les professionnels en France) mais ils ne le sont pas à l'entraînement. Il faut absolument en conseiller le port permanent. A noter que les particularités de ce sport porté font que l'on ne  rencontre jamais de lésion méniscale, de périostite, de fracture de fatigue, de lésions musculaires intrinsèques (élongation, claquage, déchirure, rupture) et relativement peu de pathologie  tendineuse.
 Pathologies spécifiques du sport cycliste
• Les problèmes périnéaux : C'est le problème le plus spécifique du cycliste, assis sur une selle pendant des heures durant, les irritations par frottements avec formation de nodules sous-cutanés plus ou moins volumineux ou les infections à partir d'un follicule pileux sont fréquentes. Il faut vérifier l'hygiène locale, celle du cuissard et sa qualité (peau de chamois à l'intérieur), la hauteur de la selle (ou un changement récent) et utiliser les petits moyens de désinfection et d'antibiothérapie locale si nécessaire. Un coussin amortisseur avec évidement central permet de diminuer l'appui au niveau de la lésion et aide à sa régression.
• L'endofibrose iliaque externe : Affection rare, cette pathologie se présente comme une claudication intermittente à l'effort maximum avec douleur intense au niveau d'une cuisse. Elle cède très rapidement à l'arrêt de l'effort. Elle est due à un dépôt fibreux au niveau de la paroi interne de l'artère iliaque externe. Le traitement est chirurgical.
• Les échauffements plantaires : En été, par temps chaud, certains cyclistes se plaignent de sensations de brûlures plantaires après un certain kilométrage. Ceci est dû à la stagnation de sang chaud au niveau de la semelle veineuse de Lejars en raison de l'absence d'appui plantaire au sol.

Diététique et hydratation à bicyclette

Bibliographie
Dr Gérard Porte Médecin chef du Tour de France et de la F.F.C. - Institut Cœur Effort Santé (Paris)
Guide du Cyclisme.. Albin Michel Ed.